Vivre à la campagne coûte moins cher, sauf en carburant

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S’installer à la campagne normande pour alléger son budget logement est un calcul souvent juste sur un poste, et perdant sur un autre : la mobilité. L’écart se joue rarement où on l’attend en premier lieu.

Le logement contre la mobilité

Le prix du mètre carré, à l’achat comme à la location, reste généralement plus bas en zone rurale qu’en agglomération, ce qui explique une part de l’attractivité de l’installation à la campagne. Mais cette économie de logement se heurte à une dépense de mobilité structurellement plus lourde, faute de transport en commun fréquent, ce qui impose l’usage quasi systématique d’un véhicule individuel pour les trajets du quotidien.

Le nombre de véhicules par ménage rural dépasse en moyenne celui des ménages urbains, chaque adulte du foyer ayant souvent besoin de son propre véhicule pour se rendre au travail, faire les courses ou accompagner les enfants, là où un couple urbain peut se contenter d’une seule voiture, voire d’aucune.

L’éloignement des services, un coût qui s’accumule

Commerces spécialisés, services administratifs, offre médicale ou de loisirs : ces services se concentrent dans les pôles urbains, ce qui impose des trajets plus longs et plus fréquents depuis une commune rurale, avec un coût carburant qui s’additionne discrètement au fil des semaines. Ce coût, rarement isolé dans un budget familial, finit par représenter une part significative des dépenses de mobilité annuelles.

Le chauffage constitue le second poste où la campagne coûte davantage : une maison individuelle, plus fréquente hors des villes, présente une surface à chauffer généralement supérieure à celle d’un appartement urbain, avec une isolation parfois plus ancienne et des façades plus exposées au vent, notamment sur ce littoral normand venteux.

Le double véhicule, une dépense qui dépasse le seul carburant

Posséder deux véhicules plutôt qu’un ne coûte pas seulement plus de carburant : l’assurance, l’entretien courant et le contrôle technique se paient en double, tout comme la dépréciation du véhicule dans le temps. Cette multiplication des coûts fixes, souvent sous-estimée au moment de l’achat, pèse davantage sur un budget annuel qu’une hausse ponctuelle du prix du carburant à la pompe.

Un ménage rural qui parvient à limiter son parc à un seul véhicule, en organisant les trajets professionnels et familiaux autour d’un usage partagé, réduit sensiblement cet écart avec un foyer urbain, même si cette organisation demande davantage de coordination au quotidien qu’un simple choix de deux véhicules indépendants.

Ce que montrent les données de l’INSEE sur les budgets des ménages

Les enquêtes de budget des ménages menées par l’INSEE permettent de comparer la structure des dépenses selon le type de commune de résidence, en distinguant notamment les postes logement, transport et énergie.

Les ménages résidant en commune rurale consacrent une part plus importante de leur budget aux dépenses de transport que les ménages urbains, tandis que la part du logement y est généralement plus faible. — enquêtes de budget des ménages, INSEE

Ce rééquilibrage entre postes explique pourquoi le calcul global d’une installation rurale ne se résume jamais à la seule comparaison des loyers ou des prix d’achat, mais doit intégrer, dès le départ, le coût réel de la mobilité et du chauffage sur une année complète, plutôt que sur le seul mois d’installation. C’est le même réflexe qui s’applique à une haie plantée pour limiter les besoins de chauffage d’une maison exposée au vent : anticiper le poste avant de s’installer, pas après.


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