Les falaises d’Étretat vues du plateau : l’arche et l’aiguille

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Depuis la plage de galets, on regarde les falaises d’Étretat vers le haut. Depuis le plateau, on les regarde vers le bas, et c’est un tout autre paysage : la Manche à perte de vue, l’Aiguille dressée devant la Porte d’Aval, et la craie blanche qui plonge sans transition dans l’eau.

Trois arches et une aiguille, deux plateaux pour les voir

Étretat s’organise autour de deux falaises qui encadrent la plage, la falaise d’Amont au nord-est et la falaise d’Aval au sud-ouest. C’est depuis cette dernière que l’on découvre la Porte d’Aval, l’arche la plus emblématique, et l’Aiguille, ce pilier de craie détaché qui se dresse juste devant. La falaise d’Amont offre le point de vue inverse, avec la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde comme repère, et un angle plus large sur l’ensemble du site.

Les deux plateaux se rejoignent par la plage en contrebas, mais rien n’oblige à redescendre entre les deux : chacun se parcourt en boucle courte depuis le bourg, sans matériel particulier. La lumière change radicalement le rendu du paysage selon l’heure, la craie blanche captant ou refusant la lumière rasante du matin et du soir.

Une fréquentation qui suit le calendrier et les heures

La notoriété du site attire une affluence très inégale selon la saison et le jour de la semaine, avec des pics qui saturent les parkings du bourg en quelques heures. Les débuts et fins de journée restent les créneaux les plus praticables, à la fois pour la lumière et pour la tranquillité du sentier de crête. En dehors des vacances scolaires, les matinées de semaine offrent un accès nettement plus dégagé aux points de vue les plus recherchés.

Cette pression touristique a conduit à un aménagement progressif des accès au sommet, avec des chemins stabilisés qui limitent l’érosion du sentier lui-même, distincte de celle de la falaise. Le stationnement en dehors des zones prévues, fréquent lors des pics de fréquentation, dégrade les abords du site plus vite qu’un flux régulier de marcheurs.

La chapelle et le sémaphore, deux repères du plateau d’Amont

Sur le plateau d’Amont, la chapelle Notre-Dame-de-la-Garde marque depuis longtemps la silhouette du site, visible depuis la mer comme depuis les terres, et longtemps associée par les marins locaux à une protection lors des sorties en mer. Non loin, un ancien sémaphore rappelle que ce promontoire a d’abord servi à la surveillance de la navigation le long de cette côte, avant de devenir un simple point de vue touristique.

Ces deux constructions, de nature très différente, donnent au plateau d’Amont un caractère plus habité que celui d’Aval, où seule l’Aiguille domine un paysage plus dépouillé. Le contraste entre les deux points de vue, l’un marqué par ces repères bâtis, l’autre presque uniquement minéral, justifie de faire les deux boucles plutôt que de se limiter à la plus photographiée.

Éboulements et consignes, une craie qui ne pardonne pas

La falaise d’Aval comme celle d’Amont restent des parois vivantes, sujettes à des éboulements soudains sans signe avant-coureur fiable. Le Conservatoire du littoral, gestionnaire de plusieurs espaces naturels de cette côte, rappelle que la marge de sécurité au pied comme au sommet doit toujours être large, quelle que soit l’apparente stabilité du jour. S’approcher du rebord pour un cliché reste la cause la plus fréquente d’incidents sur le site.

Ces mêmes consignes valent pour la plage, où stationner trop près du pied de falaise expose à la chute de blocs, parfois plusieurs jours après une pluie forte. Pour préparer une sortie sur cette portion de littoral sans se fier uniquement à la météo du jour, protéger sa peau de l’exposition au vent et au soleil réfléchi vaut aussi la peine d’être anticipé avant une longue marche en plein air.


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